Lundi 14 mai 2012
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09:22
Une entrée repoussée d’année en année enfin faite même si les fougères sont déjà bien avancées. On ne cueille que les jeunes pousses dont l’extrémité est enroulée sur elle-même. Cette partie est
même une spécialité appelée, crosse de fougère. Son goût rappelle l’asperge. J’ai une préférence pour une cuisson à la vapeur de cette dernière et pensais faire de même ici mais pour une
première, je m’en suis tenue à la traditionnelle eau bouillie. La plante, contenant une toxine à l’état naturel, ne se consomme pas crue. Autre détail : veiller à ce que la tige soit verte en la
cueillant. Je ne sais pas si c’est par manque d’inattention ou juste si j’ai fait la recette le lendemain de la cueillette mais la moitié était à jeter parce que la tige s’était assombrie. Chiche
en quantité, je les ai accompagnées d’une sauce sésame qui me sert souvent en trempette et d’une tapenade vite fait bien fait tartinée sur du pain multigrain à l’oignon cru.
Pousses de fougère et sauce sésame
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jeunes pousses de fougères par personne
sel, poivre
1 c. à c. bombée de tahin par personne
jus de citron (au jugé)
crème liquide d’amande ou de soja (au jugé)
quelques fleurs de colza.
Oter les pellicules brunes collées aux tiges des pousses de fougère et les rincer à l’eau froide. Mettre à bouillir de l’eau dans 1 casserole avec du bicarbonate de soude. Y jeter les pousses de
fougère, couvrir et régler sur feu doux. Laisser cuire 10 min. Pendant ce temps, préparer la sauce en délayant petit à petit le tahin avec le jus de citron puis la crème liquide d’amande.
Assaisonner, y ajouter la moitié des fleurs de colza et mélanger. Égoutter les pousses de fougères (l’eau a pris une teinte orangée voir prune). Les disposer dans une assiette, ajouter la sauce
et parsemer les fleurs de colza restantes.
Tapenade vite fait bien fait (pour 1 pot)
100 g d’olives noires dénoyautées
25 g de câpres (ou autres boutons de fleurs macérés dans du vinaigre)
1 petite échalote hachée
30 ml d’huile d’olive
20 ml de jus de citron
Mixer ensemble tous les ingrédients. Mettre en pot et laisser au réfrigérateur. À consommer dans la semaine.
Par Aurélie
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Dimanche 13 mai 2012
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11:55
Dans l'énergie de Wesak, la semaine passée.
Par Aurélie
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Samedi 12 mai 2012
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22:26
Il fut encore un temps où je soupirai à chaque fois qu’une nouvelle association et/ou mouvement se créait. Je pensais à tort que les personnes en question n’étaient pas bien au courant de celles
déjà existantes et qu’elles feraient mieux de se renseigner afin de grossir les rangs en rejoignant l’une d’elles. Puis, j’y ai vu une tout autre malice dans cette multiplication active des
humanités. En fait, la division crée la multiplication. Comme l’eau qui se répand dans les différentes lézardes d’une terre asséchée. En travaillant en souterrain, on instille un réseau racinien
d’informations avant que jaillisse à la surface l’ensemble en un tronc commun. Plus il se crée de forces en réponse à un désaveu de la société politique face à la société civile, plus les
promesses restées à l’état de paroles deviennent des services pérennes et duplicables par les associations qui remplissent et remplacent le rôle de ceux qui sont sensés nous représenter.
Logements, jardins, activités, liens... Je me réjouie à présent de voir naître chaque jour de nouveaux organismes qui les uns après les autres s’adressent au niveau de compréhension de la
personne et à ses besoins.
Par Aurélie
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Vendredi 11 mai 2012
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21:31
Note : Idem que pour l’étape précédente, le domaine d’Abbécourt à
Orgeval.

De la gare de Maisons-Laffitte, on longe la voie jusqu’à tomber sur un sentier qui mène par une passerelle à la forêt. Les vagues ressenties la veille persistent. En voyant à nouveau ces cabanes,
c’est Le temps du loup de Michael Haneke qui me prend à la gorge, plus encore Sans toit ni loi d’Agnès Varda et La route de Cormac McCarthy. J’en viens à suivre la
ligne tracée du circuit du livre pour prendre de la distance. Un peu trop. Le plan ne fait pas tout et me perd. Dans mon étourderie, j’en ai oublié de regarder le balisage et surtout les numéros
qui quadrillent la forêt pour se repérer. Bref, j’ai largement débordé du circuit initial et fini par ne plus vraiment regarder le bouquin pour me repérer. Sans crainte. La boussole dans le sac,
je tente plutôt de me repérer mentalement par rapport à mes déplacements et coupe le chemin en m’éloignant en fait plus avant vers Saint-Germain-en-Laye. Contrairement aux virées de l’Hautil,
ici, les personnes ne sont pas spécialement sociables. Au premier bonjour, un vent. Au deuxième, l’incompréhension. Au troisième, enfin un étonnement ravi. J’en suis là dans ma marche quand, à un
croisement, un choix doit se faire. Je ne sais plus où je dois passer. En voyant la pancarte « Étoile du Fey », je me dis qu’il va bien y avoir un signe plus concret. À peine je me fais
cette réflexion, je tombe sur 2 flèches marquées dans la terre indiquant une direction. Sans réfléchir, je la prends. Au bout, je recoupe avec le numéro du secteur avec ceux du circuit. Même si
le numéro correspondant est au-delà de la carte en main, par le quadrillage, j’en déduis comment le rejoindre. Ayant saisi le fonctionnement de cette classification, je suis d’autant plus
détendue. Le long des allées des fraises des bois fleurissent les bas côtés. C’est amusant mais plus j’avance, plus j’ai l’impression d’une ville dans une forêt avec ses codes structurés sur ceux
de la société : les numéros à chaque bloc de verdure, le balisage, l’attitude très citadine des promeneurs, et enfin, le panneau « Du Bout du Monde » faisant office de carrefour ouvrant
sur toutes les directions. Par moment, je m’écarte du circuit pour y revenir. Pour rejoindre une autre partie de la forêt, je passe par une route où il y a de la circulation. Une pute pense que
je suis venue pour elle et va pour baisser son slip rouge. Une fraise sauvage au milieu des fraises des bois. Merci mais, non merci. Bonnes soeurs du corps qui méritent mieux à l’heure où dans
nombre de pays, elles ont la sécurité sociale et sont d’utilité publique en HP et prisons. Soeurs sans qui il y aurait d’avantage de viols et de femmes battues. Rêves de Marilyn et de Cendrillon
pour finir par se mirer dans le caniveau, je vous aime.

Après un abri, j’arrive au bout du circuit en un peu plus de 3h30 là où il aurait fallu 2h45. Je n’ai pas été dépaysée par cette forêt. Je l’ai trouvé très terre à terre. L’ai ressenti comme un
verni sous lequel on ensevelit des natures humaines. Drôle de constat : user de la nature pour cacher des natures.
En rejoignant le sentier botanique de départ, je n’ai pu réfréner une comparaison avec une étape du premier règne. Celle de Oinville-sur-Montcient où j’étais aussi larguée qu’une gamine de 5
ans alors que dans les mêmes circonstances de flottement, présentement, je me suis sentie sans excès de confiance, très à l’aise.

Par Aurélie
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Jeudi 10 mai 2012
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18:45
Note : Je n’écris pas de mots d’humeurs mais pressentais en cette année des remontées de colère. Je m’étonne qu’elles ne soient pas arrivées plus tôt. En voilà une. Je l’espère
constructive et non offensante.

Le Haut d’Orgeval. Au bout de la rue La Verte Salle, commence le domaine d’Abbécourt. J’ai avec moi le petit livre Les Yvelines... à pied de la FFRP mais n’en aurais pas besoin tant le
circuit est simple : une boucle allongée. Le circuit nécessite 1h, voir 1h30 si comme moi on a envie de détailler ce qui pousse et se trame dans le coin. Sur le chemin de l’aller, on admire les
étangs, ses roseaux et volatils. La terre est lourde et colle aux semelles. En continuant, sur la droite, un chêne sert de point de rendez-vous. Il est criblé d’inscriptions, de dates et
déclarations d’amour. En remontant, on voit au loin un champ de colza dont je cueille quelques tiges fleuries pour accompagner une recette de pousses de fougères trouvées plus tôt.

La légèreté apparente fait place à une réalité plus actuelle car, ici et là, des campements de fortune faits de branches et de fougères s’étalent pas après pas. On en trouve souvent en forêt
mais, jusqu’à lors, pas plus de 2 ou 3. Au fil de la marche, j’en dénombre une dizaine et 2 constructions surélevées. Les personnes à la rue y dorment à la nuit tombée. Les lits de fougères
sentent l’homme, le climat ambiant chargé, aussi. J’ai des échos du film Versailles avec Guillaume Depardieu qui me reviennent. Le circuit se terminant par une grande pente descendante,
chaque pas me replonge dans un passé tellement loin de moi maintenant, où j’ai eu la chance de ne pas être fière pour être sauvée. Les enfants le savent quand ils demandent à un SDF : Tu n’as pas
pas une maman et un papa pour t’aider ? Dire « je suis timide » ou « j’ai ma fierté » n’est que de l’orgueil. C’est dure à entendre mais il en est ainsi. Je suis à l’aise sur
la question m’étant nourrie de fins de marchés, équipée de fins de brocantes et d’encombrants, ayant dormi à l’occasion sur le carrelage d’une salle de bain ou avec des cloportes et araignées.
Sans compter les témoignages directs. La différence, c’est le point de vue. Aucune plainte à avoir, aucun image préconçue dans laquelle s’enfermer. J’ai su y voir à raison une expérience aussi
signifiante qu’une autre. J’en ai fais un jeu et ai su rebondir dans cet esprit. De plus, je me sens entourée,
et bien entourée ! Une organisation comme Freegans, bien que dans la lutte, en a fait un principe d’émancipation : une consom'action qui pisse un peu plus loin
que les recommandations d’usages devenues aussi transparentes que des « bonjour - au revoir » sans un regard.
En mode survie, on apprend vite à faire le tri entre les fausses bonnes manières et la relation vraie, directe, d’égal à égal.
Les étangs d’Abbécourt ont eu comme qui dirait l’effet sur moi d’un bain de boue purificateur sur les faux-semblants et vrais cons. Humour. Ou pas.

Par Aurélie
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Mercredi 9 mai 2012
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10:47
Pour petits et grands, du 9 au 13 mai 2012 partout en France sur le thème : drôles d'oiseaux.
Immergez vous au cœur des milieux et espaces naturels protégés franciliens, lancez-vous à la recherche des espèces d’oiseaux, d’amphibiens, de papillons de la région…
Pour la programmation : Fête de la Nature 2012
Par Aurélie
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Mardi 8 mai 2012
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16:19
Par Aurélie
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Samedi 5 mai 2012
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18:07
Dans l’article La poche au dons..., où je parlais du don en tant que valeur marchande, j’ai oublié
de préciser que réserver une de ses poches et y mettre sa monnaie pour les dons, marche à double sens. J’en suis autant bénéficiaire qu’un inconnu. Cette monnaie donnée me rend aussi service
(l’appoint). En la donnant (dépensant), je me la donne (réceptionnant). En faisant plaisir, je me fais plaisir. Puisqu’elle me sert aussi à affirmer des choix de consommation.
La chose étant dite, c'est au tour du balancier dans lequel oscille les hommes quand ils sont dans la lutte. C’est l’homme qui harangue au bistrot que les riches sont tous pourris mais qui toutes
les semaines joue au loto espérant gagner le gros lot pour tout garder/dépenser en signes extérieurs de richesses. C’est la femme qui demande à ce que se multiplie les petites entreprises de
proximité et qui s’horrifie quand les grandes usines et Z.I. ferment. C’est le politique qui pour faire popu va dire que l’avenir de la France ne se fera pas sans le Maghreb et qui ne voit pas
que son discours a des relents de colonialisme. C’est la femme qui dit ne pas avoir les moyens d’acheter des fruits et légumes pour ses enfants mais qui en assez pour du mascara, du rouge à
lèvres, des plats tout fait industriels et des jouets en pétrole. C’est l’homme qui vocifère sur les lobbies industriels et qui ne comprend pas que plus il en parle plus le phénomène se répand.
C’est la femme qui veut du soleil quand il pleut, qui veut de la pluie quand il fait soleil. La victime est le bourreau. La liberté est de sortir du rôle dans lequel on s’est construit par besoin
de reconnaissance. Comme le gamin qui fait des bêtises parce que ses parents le qualifie ainsi. Comme la gamine qui se sent moins que rien parce qu’on lui a dit qu’elle est de la merde. Les mots
seuls ne font pas tout. Que met-on dans les mots ? Comme avec l’information, on choisit un angle d’interprétation pour l’expérimenter, se l’approprier, le comprendre concrètement. Les mêmes
éléments selon les choix faits, et le bon sens de la personne, le résultat peut être diamétralement différent*. Il faut comprendre que ce qui ne sera pas fait de sa propre
volonté, le sera sous la contrainte**. Jusqu’à l’année dernière, il y avait ce qu’on appelle l’histoire du tiers : 1/3 contre, 1/3 pour, 1/3 neutre. En fonction de la situation
et de l’air du temps, le 1/3 neutre au centre de ce balancier penchait d’un côté ou de l’autre. Cela n’est plus. La tendance se resserre. On arrive à presque 1/2 contre et 1/2 pour. Une part
infime hésite encore entre nier et laisser les autres prendre les décisions à leur place pour se déresponsabiliser, et entre, accepter et petit à petit acquérir plus d’autonomie et de
responsabilité. Ton travail, tu l’as pour tes compétences pas parce qu’untel est « au pouvoir ». Marx, qui n’est pourtant pas dans mes lectures favorites, démantelait le principe de
demander du travail comme étant une façon de demander à être esclave. Demander qu’untel résolve tes problèmes est demander de t’en créer.
Nombreux sont encore à colporter une fin du monde en 2012. Pour rappel, il s’agit de la fin d’UN monde et elle s’est produite l’année dernière. Le cri que l’on entend pousser partout dans le
monde n’est pas un cri d’agonie mais le cri d’un nouveau né plein de vigueur, et ça fait beaucoup, beaucoup plus de bruit.
Une phrase que je sors souvent ces derniers temps et qui semble porter ses fruits : nourrie-toi de ce que tu aimes faire.
* Comme dans Fringe mais sans s’arrêter sur une version limitée. L’embêtant avec les probabilités c’est qu’elles sont continuellement remises à jour par une inconnue.
Inutile de chercher à mesurer/contrôler ce qui ne l’est pas.
** Tu sais que les aliments industriels sont addictifs et nocifs mais tu continues d’en consommer alors, les prix augmentent, les taxes se multiplient, les allergies explosent,
et ainsi de suite jusqu’à ce que tu arrêtes de les consommer comme tu le souhaitais mais n’arrivais pas à l’assumer.
Par Aurélie
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Vendredi 4 mai 2012
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20:50

Cette fois-ci je n’oublierai pas de rendre visite aux arbres remarquables du Petit Trianon. Autant je connais le château de Versailles, autant je n’ai jamais mis les pieds au Petit Trianon, le
nid d’amour et hameau de la reine. On découvre le tronc d’un chêne déraciné à l’entrée. Ses racines évoquent une couronne de feu. Un sophora se trouve juste à l’angle nord du Petit Trianon et un
platane en arrivant au hameau de la reine, ainsi qu’une cèdre pas encore classé sur la gauche en prenant la sortie. Le Petit Trianon m’a donné le tournis, me faisant sentir comme une bulle de
champagne.
Chemin pris au hasard, on voit s’agrandir au loin le hameau de la reine qui ressemble au village d’Astérix. À nouveau cet attachement au terroir saute à la gorge. On sent
toute la nostalgie qu’a pu ressentir Marie-Antoinette en cherchant à recréer son jardin perdu. Le travail de Alain Baraton, jardinier en chef du domaine national, n'a pas son pareil pour avoir su
respecter ce sentiment en le magnifiant. En voyant les jardins de curé, les vignes, les rangées à peine semées et d’autres où le vert des feuilles de la rhubarbe explosent de vigueur, il me
revient ces accointances chez le prince Charles d’Angletterre et surtout à Louis IX qui rendait justice sous un chêne pour la sagesse qu’il lui inspirait. Il y a chez ces personnes qui ont très
tôt connu des décès et le poids des responsabilités, une précocité trahissant une immaturité que bien souvent aucun homme dans l’entourage ne savait quel comportement adopter. La présence
puissante d’un arbre les aidait à porter le costume de la fonction. Plus proche de nous, c’est le père qui va planter un arbre dans le jardin à la naissance de son enfant pour intégrer en lui son
nouveau statut. Il y a un besoin dans le sang de se raviver par la terre et la sève à défaut d’un autre sang pas toujours bon conseilleur. Le hameau est un jardin secret où la reine ne joue plus
le rôle de reine et redevient une femme, contrairement à l’image superficielle que l’on tend à mystifier. Ce même paradoxe se perpétue aujourd’hui à l’heure où les semences de Kokoppelli, absentes du catalogue officiel, ont été assignées en justice bien que les mêmes semences soient utilisées par la mairie de Paris, le parc du
Luberon, et j’en passe, dont le château de Versailles.

À côté du moulin, colombier, laiterie et productions agricoles, une ferme avec derrière plusieurs enclos : des ânes, des canards, des chèvres, des moutons, des vaches... Des groupes
d’enfants imitent le cri des animaux, se moquent de l’odeur. Ils sont plus primaires que les animaux. Le nid d’amour rend les groupes d’adolescents bucoliques. Les garçons cueillent des
pissenlits et autres fleurs des champs qu’ils offrent aux filles en leur mettant à l’oreille. Les groupes d’adultes sont calmes, très calmes, béats. Nous tous en ressortant avons la vive
sensation que ce jardin secret est un peu devenu le notre.

Par Aurélie
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Jeudi 3 mai 2012
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/2012
21:49
L’idée première était
d’aller voir les arbres remarquables classés du coin. Sur place, je me suis laissée distraire. Ce n’était pas la première fois que je me rendais au château de Versailles. J’avais envie de goûter la plaisanterie de notre pseudo démocratie dans un sacro-saint de la monarchie en cette période
électorale. Là s’arrête le clin d’oeil, il n’est pas question d’utiliser ce lieu comme tribune politique. Je devinais non loin le potager du roi et le décalage avec cette image imposante de
faste. Les visiteurs restant groupés, gardant une distance histoire de conserver l’idée d’être spectateur du cadre. Personne n’allait à l’Orangerie, préférant rester au loin, admiratifs. Comme
toujours, il a suffit que j’y mette les pieds pour que petit à petit d’autres viennent. Les caisses à citrons et oranges sont magnifiques, alignés et différents selon l’âge et la variété.
L’implantation des grenades, pamplemousses et palmiers complètent le tableau. L’éclaircie mettait en valeur les couleurs des fruits auxquels je ne résisterai pas en en cueillant 2 (chut). Après
la pépinière, on admirera la richesse des arbres du bosquet de la reine. La rareté et l’entretien de ce parc respire la clarté de l’esprit, l’équilibre. Je musardai en rejoignant le bassin de
Neptune et longeai le canal sur la gauche. Un corbeau vu plus tôt et suivi, s’est posé sur une branche. En m’approchant pour le prendre en photo, je découvris un parterre d’ail des ours. Après
l’avoir tant cherché c’est sans y penser que je finis par en trouver dans les jardins de Versailles. En continuant vers ce qui était anciennement la ménagerie, d’autres regroupements d’ail des
ours s’étalaient et vinrent mes chatouiller les narines. J’aurai dû être impressionnée, étrangement, je me sentais comme dans mon jardin : grand, oui, d’une rare beauté, aussi, or, j’étais
touchée par un aspect campagnard que je ressentais en subliminal. J’avais à l’esprit le prince Louis Albert de Broglie et son conservatoire de la tomate. Je me posai un instant pour essayer de
croquer au crayon quelques arbres. Je m’interrompis pour constater avoir démarré avec des proportions trop grandes pour tout faire entrer dans la feuille. Un temps. Je percutais sur ce que je
venais de faire et savais à travailler : cette envie de tout donner tout de suite, sans réserve. Je sais combien ça fait peur dans les relations, combien en m’ouvrant pensant que l’autre en fera
autant, en fait, il se braque et s’emmure dans son silence. Ma facilité à verbaliser, à mettre le doigt où « il ne faut pas », à voir derrière les carapaces et à dire « ce qu’il ne
faut pas »... Tout ça, je le vis plaqué sur ce petit croquis, le cul sur une marche, pieds dans l’herbe, crayon à la main, et regard allant du paysage à celui dessiné. En rangeant le matos,
une fois les premières gouttes tombées, j’ai profité de la pluie pour au retour cueillir les feuilles et boutons d’ail des ours. Il m’a plu de réinventer cette visite touristique, faire
une cueillette sauvage dans ce jardin. Le comble du luxe. Mais surtout une façon de cueillir de la vie ce dont on a besoin, sans penser à mal quand il s’agit d’exprimer son essence.
En bonus, un après-midi, la tête pleine de comptines à fredonner : Chante, rossignol, chante ; J’ai du bon tabac ; Alouette gentille alouette ; Mon petit
oiseau ; Il pleut, il pleut bergère ; À la claire fontaine.
Par Aurélie
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Publié dans : Étapes du Végétal
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